Du bio-art signé Benway à Dysmopolis

Je le disais un peu plus tôt, Dysmopolis, la pièce, se prolongera à La Loge par une installation photographique et vidéo, réalisée par Svend Andersen et Laurent Bazin. Une bonne idée en entraînant une encore meilleure, Dysmopolis a décidé de faire dialoguer son imaginaire avec celui d’un invité mondialement connu, reconnu, révéré et néanmoins secret: l’inventeur de l’Institut Benway.

Histoire d’une rencontre, fictive.

Dysmopolis est une fable qui interroge notre rapport à l’apparence par l’entremise de huit personnages, dont les destins se croisent à l’approche d’une opération de chirurgie plastique.

Pour tisser la toile de leurs phobies et de leurs saines ou baroques aspirations, Laurent a frotté ses intuitions à la réalité  scientifique, de l’histoire des pathologies de la peau aux dernières prouesses chirurgicales. Comment? En lisant des cargaisons de r

evues spécialisées, bien sûr, mais aussi en traînant ses carnets fétiches au Musée de l’hôpital Saint-Louis, à celui de l’Ecole Vétérinaire de Maison Alfort, à la Wellcom Collection de Londres, pour y scruter la mémoire de la médecine à travers ses résidus matériels: moulages, peintures, photographies, reconstitutions anatomiques. Ceux-ci nourrissent abondamment l’univers visuel de Dysmopolis, qui, empruntant aux codes de la science-fiction, étire au plus loin les fantasmes de modification du corps, à grand renfort de prothèses et autres ajouts d’appendices devenus indispensables à leurs acquéreurs.

Pendant ce temps-là, un artiste d’une tout autre espèce s’amuse lui aussi très sérieusement avec les archives médicales.

Nom de code depuis sa naissance: Maël Le Mée.

Profession: directeur de l’Institut Benway.

Pionnier de la recherche en médecine industrielle, cet institut privé propose à la vente, grâce à sa boutique en ligne, des organes de conforts: Verts de jouvence, barrettes de mémoires, surpeau à piercing… La liste est longue, je t’invite à l’explorer par toi-même. Puisses-tu y trouver ton bonheur de fringant consommateur -âme sensible, tu connais la règle. A la fois oeuvre virtuelle et performance permanente, l’Institut Benway s’installe au carrefour de la science-fiction et du bio-art pour troubler à dessein les neurones de ses visiteurs-clients. Fort de son savoir-faire breveté et reconnu par les meilleures institutions depuis plus d’un demi-siècle, Maël intervient régulièrement à l’occasion de colloques scientifiques et sévira de nouveau le 24 février prochain au Palais de Tokyo. D’abord fasciné par l’univers de David Cronenberg, il poursuit une oeuvre hybride, entre réalité et fiction, qui défie les limites de la biologie, à partir du concept de corps augmenté et de ses possibles applications capitalistiques.

Plus de grain à moudre partir du 24 février, cela va sans dire.

~ par vkdb le février 15, 2010.

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